Le Signal – Maxime Chattam

La couverture de ce roman me faisait de l’oeil depuis quelques temps… Un oeil noir bien sûr… Mais surtout cette belle maison entourée de sapins, hantée peut-être, probablement théâtre de drames abominables m’attirait comme un aimant… Comme mon imagination s’emporte vite! Mais avant tout, faisons connaissance avec la famille Spencer, fraîchement débarquée de New York et heureux propriétaire de cette vieille bâtisse : Tom le père est auteur de pièce de théâtre, Olivia son épouse est présentatrice TV (tiens, tiens, on dirait bien que Maxime Chattam s’est inspirée de sa propre vie pour créer ce couple réaliste…), Chad et Zoey leur enfants, et Owen le neveu adopté après la mort accidentelle de ses parents… Un souhait de changer de vie, de revenir à quelque chose de plus authentique, et les voici emménageant en plein coeur de l’été, à Mahingan Falls, petite ville balnéaire, difficile d’accès, entourée de collines et de forêts et surplombée par le mont Wendy qui tient son nom d’une ancienne légende indienne « Le Wendigo », monstre dévoreur de chair humaine… Mais dans cette ville agréable où tout le monde semble se connaître, des accidents inexpliqués, des crimes atroces et autres faits divers étranges et inhabituels plongent les habitants et les forces de l’ordre en plein désarroi. La famille Spencer, dont l’intégration sociale se passe plutôt bien se rend rapidement compte que quelque chose à La Ferme ne tourne pas rond : phénomènes étranges, cauchemars de la petite Zoey… et quelques carnets appartenant à un ancien propriétaire passionné de sciences occultes semblent fasciner Tom qui se plonge pour le meilleur et pour le pire dans l’histoire de la maison…

L’intrigue m’a rapidement séduit : de bons ingrédients comme cette vieille maison que l’on découvre avec la famille Spencer (je l’aurai aimée un peu plus mystérieuse quand même…), cette bande de gosses (on pense au Club des Râtés de Stephen de King, soixante ans plus tard…) à qui il va forcément arriver quelque chose de pas bon… et les crimes atroces pour lesquels nous ne sommes pas avertis, s’enchaînent sans répit. La tension monte crescendo et l’horreur s’installe progressivement jusqu’à quelques scènes franchement gore dans la deuxième partie, où effectivement les poils se hérissent…

J’ai trouvé certains personnages de ce livre particulièrement attachants, notamment Gemma la baby-sitter et Chad et Owen, les enfants des Spencer, grâce à qui nous percevons avec effroi les premières manifestations paranormales : le point de vue des enfants si particulier, leur vision innocente du monde qui les entoure contribue à accentuer la tension narrative et à installer le climat horrifique. Le rôle donné aux enfants est intéressant car leur courage exemplaire va contrebalancer les actes néfastes de certaines personnes avides d’avancées scientifiques, nocives pour l’humanité.

Au début de ma lecture et jusqu’à une bonne moitié du livre, en dépit d’une histoire captivante, je n’ai pas pu m’empêcher de considérer Le Signal comme une pâle copie de Stephen King. Etant une fan du maître, les allusions flagrantes, les reprises d’idées (l’épouvantail surtout…) m’ont déçu, me laissant un goût amer de déjà-vu. Hommage ? Je trouve cela un peu facile tout de même. L’enthousiasme d’une lecture passionnante m’a toutefois rattrapée, et certains passages d’horreur pure peuvent rivaliser avec l’imagination noire de Graham Masterton, par exemple.

J’en ai fini avec ce livre mais certaines images perçues de façon très réalistes au fil des pages me hanteront assurément encore longtemps!