Le bois des ombres – Barbara Dribbusch – Pocket, Octobre 2018.

Anne Südhausen est journaliste pour un magazine féminin à Hambourg. A la mort de sa grand-mère avec qui elle a depuis longtemps perdu le contact, elle se rend à Innsbruck pour organiser l’enterrement. En fouillant la maison de la défunte, Anne découvre une boite qui lui est destinée : à l’intérieur, une vieille chapka portant les initiales « C.A », ainsi qu’un pendentif représentant un caducée, symbole de l’ordre médical. Pas un mot pour expliquer ce leg étrange, mais Anne trouve bientôt une collection de cahiers intimes rédigés par sa grand-mère en 1943, lors d’un séjour dans une clinique autrichienne appelée Le bois des Ombres… Anne se plonge dans cette lecture intrigante, mais se rend vite compte que les deux derniers cahiers ont disparus…Qui a pu dérober ces journaux intimes ? Dans quel intérêt ? Charlotte, la grand-mère était entourée de personnes en apparence dociles, comme son amie Marie Pramstaller, ou sa voisine si serviable, mais un peu trop curieuse… Qui est le mystérieux neurologue Siegfried Rattler dont Anne a fait la connaissance à bord de l’avion la menant à Innsbruck ? Que se passait-il durant la seconde guerre mondiale dans cette mystérieuse clinique perdue au milieu des forêts autrichiennes ? Autant de questions auxquelles nous avons hâte de pouvoir répondre en tournant les pages de ce roman.

Je m’attendais à beaucoup de noirceur en ouvrant ce livre, la quatrième de couverture évoquait en effet des « expériences psychiatriques menées par des nazis« … Mais j’ai trouvé quelque chose de bien différent et je n’ai pas été déçue de cette lecture : l’auteure excelle dans l’art de raconter avec douceur et brio un sombre pan de notre histoire.

Deux femmes, deux époques distinctes, qui vont finalement se retrouver par l’intermédiaire des écrits intimes de l’une : un héritage émouvant grâce auquel Anne apprendra à connaître cette grand-mère si particulière, ayant vécu dans l’ombre d’un frère jumeau trop tôt décédé au combat, avant d’être appelée à jouer elle-même un rôle au sein d’une mission de résistance face à l’armée allemande.

Une lecture cosy, reposante, avec parfois quelques longueurs et répétitions évitables mais vers la fin, j’ai eu une envie irrésistible de comprendre et les pages se sont succédé à une vitesse folle. J’ai trouvé la fin émouvante et juste: l’auteure, avec le recul sur cette période éprouvante, dévoile un dénouement emprunt de sagesse et d’humanité.