Le silence de la ville blanche – Eva Garcia Saenz de Urturi – Fleuve Noir, Septembre 2020.

Excellente découverte que ce redoutable roman espagnol d’une jeune autrice, dont le nom si compliqué pour les oreilles peu habituées aux consonnances basques, est pourtant à retenir : Eva Garcia Saenz de Urturi. Ce thriller géographiquement aux antipodes des pays nordiques n’est pas sans rappeler les thrillers venus du froid, aux intrigues ancrées dans le passé. C’est pourtant bien sous le soleil brûlant de la province alavaise que nous entraine l’auteure, et pour ce voyage, les amateurs de suspense seront comblés.

En 2016, alors qu’ils restaurent la vieille cathédrale de Vitoria, ville médiévale du pays basque espagnol, des archéologues découvrent dans la crypte les corps d’un homme et d’une femme d’une vingtaine d’années disposés dans une scénographie macabre : ils sont nus et se tiennent la joue dans un geste amoureux alors que les deux victimes ne se connaissent pas. Un chardon placé prés des corps, une abeille dans la bouche des victimes… Cette mise en scène évoque une série de crimes ayant eu lieu vingt ans plus tôt. A l’époque, un enfant du pays très apprécié, Tasio Ortiz de Zarate , archéologue renommé, avait été arrêté pour ces crimes par son propre jumeau, Ignacio. Etrange coincidence : Tasio est sur le point de sortir de prison après avoir purgé sa peine…

Ce double crime a lieu la veille de festivités locales réputées qui ne vont pas faciliter le travail des enquêteurs. Formant un tandem des plus fidèles, l’inspecteur Ayala, profileur criminel, et sa coéquipière Estibaliz, qui étudie le profil des victimes, vont être chargés de cette affaire des plus médiatisées: de curieux messages postés sur Twitter à l’attention de Ayala, le guident dans son enquête… Mais leur loyauté l’un envers l’autre risque d’être compromise par certains évènements.

Originaire de cette région d’Espagne, l’autrice nous fait partager sa passion pour l’histoire de la ville de Vitoria qu’elle parvient à mêler habilement au récit : les monuments historiques font partie intégrante des mises en scènes macabres du tueur. L’intrigue est assez complexe, ponctuée de fausses pistes, de légendes locales, de rebondissements astucieux… Les nombreux personnages sont fournis, certains très attachants (l’autrice ne se cache pas de l’hommage rendu à son grand-père, à travers les traits d’un personnage très émouvant), et d’autres sont détestables, mais servent au mieux le récit.

Ce roman a donné lieu à une série sur Netflix, que je n’ai pas vu, et il serait apparemment le premier d’une trilogie : cela me va à ravir car j’ai adoré ce premier tome ! Je remercie les Editions Fleuve Noir et NetGalley pour cette lecture captivante que je vous conseille vivement !