Elévation – Stephen King – Livre de Poche, Avril 2019.

Elévation est un très court roman, le plus court peut-être écrit par Stephen King, ce qui est assez insolite car il nous a plutôt habitués à de gros pavés bien consistants ! Je ne peux m’empêcher de trouver à ce roman des allures de fable, sympathique de prime abord, mais qui laisse un goût de tristesse, car le thème évoqué bouleverse douloureusement le lecteur.

Un petit tour, donc, du côté de Castle Rock, cette bonne vieille ville du Maine qui a déjà connu de sacrés évènements en une cinquantaine d’années (😉). C’est là que vit Scott Carey, un célibataire endurci, qui possède un secret bien particulier. Il perd quotidiennement du poids, sans faire de régime particulier, et pire encore: avec ou sans vêtement, sa balance lui annonce toujours le même chiffre! Etonnamment, son aspect extérieur ne change pas, et il se sent de jour en jour en meilleure forme physique. Les rumeurs dans cette petite ville allant bon train, Scott ne peut confier son secret qu’à son ami, le docteur Bob Ellis, qui constate le phénomène sans pouvoir l’expliquer. Une question taraude les deux hommes : que se passera t-il quand Scott ne pèsera plus rien?

Dans sa résidence, Scott est un bon voisin, mais il ne faut pas exagérer : quand les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins, il entre en guerre! Mais lorsqu’il comprend que le couple marié est rejeté par les habitants de Castle Rock, et que leur restaurant, ouvert tout récemment, risque de fermer ses portes, pour cause de ragots homophobes, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider (au passage, encore un pied de nez de King au gouvernement Trump: excellent!)

C’est un roman lumineux que nous offre le maitre du fantastique, qui se déroule en plein Thanksgiving, période propice à l’émerveillement, au renforcement des liens humains, et dans ce cas présent, l’amitié y est vraiment célébrée de façon très émouvante. Le nombre de personnages étant réduit, on s’y s’attache fortement. Ce roman est amusant et joyeux, et puis, progressivement, comme Stephen King sait si bien y faire, on devine que cette petite histoire n’est pas si légère que cela: une boule de tristesse commence à poindre dans notre estomac… Se cache entre ces quelques pages une belle réflexion sur la vie et la mort, les émotions sont là et nous bouleversent… Je referme ce livre, le cœur gros, comme pour Joyland, en ayant l’impression d’avoir touché du doigt une étoile ! Un condensé de Grand Art!