Les disparues de la lande – Charlotte Link – Presses de la Cité, Août 2020.

Nord de l’Angleterre, novembre 2013 : Hannah Caswell, 14 ans disparait après avoir raté son train à la gare de Scarborough. Une de ses connaissances est immédiatement soupçonnée puis relâchée, l’enquête ne sera pas résolue. Cinq ans plus tard, le sergent-détective Kate Linville de Scotland Yard séjourne dans la région pour vendre la maison de ses défunts parents. Elle se trouve impliquée malgré elle dans une affaire horrible: le corps sans vie de Saskia Morris, 14 ans, disparue depuis un an, vient d’être découvert sur la lande. Elle semble être morte de faim…

Etrangement les disparitions s’enchaînent : Amelie Goldsby, fille des propriétaire du Bed&Breakfast dans lequel loge Kate, s’évapore alors qu’elle attend sa mère sur le parking d’un supermarché, puis réapparaît quelques jours plus tard en affirmant avoir été enlevée. Traumatisée, elle est incapable de raconter ce qu’il s’est passé ou de donner des détails pour identifier son ravisseur. Pour lui échapper elle s’est jetée à l’eau et doit son salut à deux hommes de passage qui lui ont porté secours. Il y aussi Mandy Allard, qui après une violente dispute avec sa mère, fugue de son domicile et erre dans les rues de Scarborough, avant de disparaitre…

Il y a tant de bonne choses dans ce roman (attention: bonnes = horribles, sombres, sordides… bien sûr!) que je ne peux que vous le conseiller: typiquement le bon roman policier anglais (l’auteur est allemande : qui l’eut cru?) avec cette atmosphère si particulière de dunes et plages de sables balayées par le vent froid de la mer du Nord (me voilà un brin nostalgique), ces petites villes côtières où tout le monde se connait… J’ai été bluffée par l’intrigue et la construction de ce roman qui m’ont happée, transportée, grâce à un suspense très maîtrisé, vers un dénouement auquel je ne m’attendais pas du tout ! et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de trouver le ou les coupables… J’y ai mis du coeur, j’avais pas mal de soupçons, mais je n’ai pas vu venir le final!

J’ai beaucoup apprécié le personnage de Kate Linsville, loin des clichés habituels de la supernana très sûre d’elle et arrogante comme le veut le statut de sergent detective à Scotland Yard : nous découvrons au contraire une femme handicapée par son manque d’assurance et d’expérience (surtout sentimentale). J’ai découvert que le précédent roman l’Emprise du Passé, mettait déjà en scène Kate, mais les deux tomes peuvent être lus indépendamment. Un personnage sympathique auquel on s’attache tout simplement. J’ai également admiré la force de Mandy, sa haine qu’elle transforme en rage de vaincre, une haine à laquelle elle est coutumière depuis son enfance en raison de son entourage familial (si on peut qualifier ainsi la relation qu’elle entretient avec ses parents). Sordide et réaliste.

J’avais lu il y a quelques années Le pêché des anges du même auteur qui ne m’avait pas du tout convaincue : me voici réconciliée ave Charlotte Link : je remercie Net Galley et les Editions Presses de la Cité pour cette lecture addictive!