Le clocher de Noël et autres crimes impossibles par Roland Lacourbe – Editions de l’Archipel – Novembre 2020.

Ce recueil de nouvelles policières rassemble treize textes autour du thème « le crime en chambre close », initié en 1841 par Edgar Allan Poe avec « Double assassinat dans la rue Morgue« . Je me suis plongée avec plaisir dans cette anthologie qui recense certains auteurs connus comme Maurice Leblanc ou Conan Doyle et d’autres méconnus ou oubliés qui ne sont pas moins remarquables.

La plupart de ces nouvelles ont été écrites à une époque où l’on ne pouvait compter comme aujourd’hui sur la science pour résoudre une énigme. Pas d’identification génétique, pas même d’étude d’empreintes digitales pour confondre un suspect: seule la perspicacité et la logique d’un raisonnement cartésien pouvaient venir à bout de certaines affaires à priori stupéfiantes. Des « cas » pour lesquels le grand public n’hésitait pas à y voir une intervention divine, voire diabolique… Certaines de ces nouvelles flirtent donc avec le fantastique, y compris par l’atmosphère étrange qu’elles suscitent: G.K Chesterton « Le vengeur ailé » ou M. Davisson Post « Le mystère Doomdorf« .

Les enquêteurs, souvent bien campés, nous éclairent sur ces mystères impossibles par une explication d’une logique stupéfiante. Comment un scaphandrier a t-il pu être poignardé au fond de l’océan ? Vous le saurez en lisant « Du mouron pour les petits poissons » de J. Commings. Et dans « Thérèse et Germaine » de Maurice Leblanc, vous comprendrez comment un homme a pu être assassiné dans une cabine de plage fermée de l’intérieur… Comment déguiser un meurtre en suicide et ne jamais être démasqué ? La solution dans « Le suicide de Kiaros » de F.L Baum… Et comment subtiliser un lot de diamants de grande valeur? Réponse avec un trucage digne des plus grands magiciens dans « Les diamants disparus » de M.McDonnell Bodkin

Ma préférence va peut-être à  » L’indice de la feuille de thé » de Edgar Jepson et Robert Eustace : un homme est retrouvé poignardé dans un sauna mais l’arme du crime n’est jamais retrouvée. Son ennemi avec qui il a eu une violente dispute est le suspect idéal mais clame son innocence… Je n’en dis pas plus : la résolution de cette énigme est incroyable!

Ce recueil regorge d’énigmes imparables, à l’ingéniosité complexe et fascinante. J’espère vous donner envie de le lire : il recèle quelques pépites ! Bien évidemment ces subterfuges utilisés pour commettre un crime ne résisteraient pas à notre technologie actuelle, mais le charme désuet qui réside dans ces nouvelles m’a beaucoup plus : j’ai eu en tête des images de vieilles demeures et de coutumes d’un temps révolu, que je ne voudrai pour rien au monde oublier. Je remercie NetGalley et les Editions de l’Archipel pour cette lecture, ainsi que le passionné Roland Lacourbe pour nous avoir donné le plaisir de lire ces textes.