C’est ainsi que tout s’achève – Caroline Eriksson – Presses de La Cité, Novembre 2020.

Romancière et correctrice littéraire, Elena est en mal d’inspiration depuis la séparation qu’elle et son mari se sont imposés, le temps de faire le point sur leur union. Elle emménage donc seule dans un appartement citadin, prêté par une amie de sa sœur. Celle-ci très présente dans sa vie, la voit peu à peu sombrer dans la déprime. Mais Elena trouve un centre d’intérêt particulier : épier depuis sa fenêtre le couple de l’appartement voisin, Philip et Véronica Storm qui semblent eux aussi traverser une période de crise… La curiosité malsaine qu’éprouve Elena pour ce couple vire à l’obsession, alors qu’en parallèle elle retrouve l’inspiration après s’être rapprochée de Léo, le fils des Storm , qui lui confie que sa mère a un comportement très étrange.

Je découvre Caroline Eriksson par ce roman qui traite d’un sujet vu et revu dans le thriller : le drame du couple qui se délite, de la jalousie… mais l’autrice tire brillamment son épingle du jeu en proposant une intrigue qui tient le lecteur en haleine du début à la fin. Une ambiance qui rappelle le film « Fenêtre sur cour » d’Alfred Hitchcock : il s’agit d’un huis-clos, assez étrange où une femme esseulée s’imprègne de façon obsessionnelle de la vie et de la personnalité de ses voisins. La tension monte au fur et à mesure que se dévoilent les secrets de la famille Storm, secrets révélés par leur fils Léo à Eléna, qui fait rapidement le parallèle avec ses propres souvenirs douloureux.

Le récit alterne sur trois voix narratives : Elena, Véronica et son mari, pour que nous ayons le point de vue de chacun. Ces personnages aux sentiments bien dépeints n’en sont pas moins troubles et intrigants : le doute s’installe, les questions se multiplient … L’autrice manipule son lecteur avec brio, je n’ai pas vu venir la fin de ce thriller psychologique particulièrement réussi! Je remercie Net Galley et les Editions Presses de La Cité pour cette lecture.