Impact – Olivier Norek – Editions Michel Lafon, Octobre 2020.

Difficile de donner un avis objectif sur ce livre, tant les arguments avancés par Olivier Norek, revues de presse et chiffres à l’appui, me sont sensibles. Un flot d’émotions ambivalentes me submerge, allant du désarroi à la colère, en passant tout de même par une pointe déception, mais qui je vous l’assure est une goutte d’eau dans l’océan. La succession de pages recensant les effets dévastateurs de l’activité humaine sur la planète produit son effet: je partage le dégoût que l’on devine chez l’auteur pour le capitalisme industriel et la spirale infernale de la société de consommation dans laquelle nous sommes englués. L’écrivain observe le monde dans lequel nous vivons et retranscrit ses émotions, avec le désir de faire bouger les choses. C’est fort, audacieux, très audacieux.

Kidnappé par un commando prorévolutionnaire écologiste, le PDG de Total est menacé d’une mort affreuse, son agonie est filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. La psycho-criminologue profileuse, Diane Meyer fait équipe avec le capitaine Nathan Modis, pour tenter de cerner la personnalité du chef de ce groupe terroriste appelé Greenwar. Impact démarre très fort, dans le genre thriller, le lecteur pense dès le départ avoir affaire à du lourd. Personnellement j’ai trouvé l’idée excellente et osée, mesurée également, car le ravisseur propose un marché, non pas une rançon mais une caution : l’entreprise doit verser une somme d’argent pour la libération de leur victime mais cette somme leur sera rendue s’ils parviennent à une avancée significative dans le domaine environnemental. En bonne lectrice de roman noir, je me demandais quelle serait la prochaine victime parmi les dirigeants des trop nombreuses entreprises qui polluent la planète, mais l’auteur ne choisit pas cette direction, pas de surenchère criminelle et sanglante, le suspense retombe rapidement au profit de considérations écologiques. Le procès de Virgil Solal est rapidement amorcé, défendu par des avocats judicieux et compétents. Comment le tueur le plus audacieux du 21ème siècle est parvenu à s’attirer la sympathie de la population ? Considéré comme un messie, Virgil Solal devient le porte-parole d’une génération qui ne supporte plus d’être manipulée par des dirigéants motivés par leur unique désir de pouvoir et d’argent.

Peu nombreux et peu développés, les personnages de ce roman le sont suffisamment pour que l’on comprenne leur motivation, leur cheminement idéologique et que l’on éprouve pour eux de l’empathie. En tous cas, pour moi, le mécanisme a fonctionné du début à la fin (une fin véritablement inattendue, peut-être un peu trop surréaliste, mais à quoi devons-nous nous attendre dans les décennies à venir?), même si je m’attendais à une autre tournure, plus romancé et dont l’aspect thriller serait plus développé. Mais voilà, un écrivain n’est pas un produit que l’on étiquète et qui doit absolument rentrer dans une catégorie bien définie, et rien ne me plait plus qu’un auteur qui sort de sa zone de prédilection, et prend la liberté de couvrir d’autres domaines. Pari réussi.

J’ai donc envie de brandir ce roman comme un étendard en remerciant l’auteur d’avoir écrit ce bouleversant plaidoyer pour notre avenir, d’avoir récapitulé pour nous les actes de dégradation, de mutilation, les blessures imposées à notre planète et que nous nous infligeons à nous-même car effectivement lorsque la race humaine aura capitulé la nature reprendra ses droits et la Terre retrouvera son souffle.

Et Merci à mon Papa Noël d’avoir glissé ce livre sous le sapin!