Les cinq règles du mensonge – Ruth Ware – Fleuve Editions, 4 Mars 2021.

Quatre amies étudiantes devenues adultes se retrouvent pour le meilleur et surtout pour le pire. Isa, Kate, Fatima et Thea sont pensionnaires dans un lycée privé anglais, où elles sont unies, soudées par un jeu du mensonge, qui les isole peu à peu des autres jeunes filles. Le but est d’inventer des mensonges, les faire croire aux autres, y compris aux professeurs et aux membres du pensionnat, pour obtenir des points. Le jeu est drôle, cruel parfois, risqué également, car elles comprendront vite qu’il faut assumer les conséquences de ses actes, et ce à tout âge… Les quatre amies se retrouvent tous les week-ends au Moulin des Brisants, propriété du père de Kate, un artiste, qui n’hésite pas à les prendre pour modèle, jusqu’au jour où celui-ci se suicide. Des années plus tard, devenues adultes et pour deux d’entre elles mères de famille, les quatre amies se retrouvent à la demande de Kate qui leur annonce une mauvaise nouvelle.

Il s’agit là d’un pur thriller psychologique, honnête, qui ne comporte ni action ni rebondissement, sans pour autant être ennuyant, bien au contraire. L’histoire nous est contée par Isa, l’une des quatre amies et alterne entre présent et passé, naviguant au gré de ses souvenirs, sans discontinuer. Il n’a pas de chapitre court comme souvent dans les thrillers, mais cinq longues parties réparties selon les fameuses règles du mensonge…

RÈGLE NUMÉRO UN : Dis un mensonge
RÈGLE NUMÉRO DEUX : Ne change pas ta version
RÈGLE NUMÉRO TROIS : Ne te fais pas prendre
RÈGLE NUMÉRO QUATRE : Ne pas se mentir les unes aux autres
RÈGLE NUMÉRO CINQ : Savoir quand cesser de mentir

Un véritable page-turner, oui mais sans action : j’aurais pu m’y perdre, lâcher prise avant l’heure si ce n’est cette construction qui ne nous laisse pas souffler une seconde. Peut-être que le secret de ce roman addictif réside dans cette composition rare dans le triller : je me suis surprise à tourner les pages jusqu’à plus d’heure pour comprendre cette intrigue, avancer dans son déroulement. Le récit d’Isa tient en haleine, l’alternance entre le passé et le présent est très bien menée, de façon claire et compréhensible par une astuce ingénieuse de l’auteure : lors des flash-back d’Isa, la présence de la petite Freya, son bébé, nous ramène dans la période actuelle, à l’âge adulte des quatre filles.

J’ai aimé l’ambiance évoquée dans ce roman : ce moulin délabré perdu au milieu des marais, le lycée anglais digne de Poudlard, cette amitié tenace et ce sombre secret qui terni la vie de ces « menteuses » qui se sont retrouvées dans l’obligation de mentir, les rumeurs du village qui pèsent toujours des années plus tard sur les quatre filles. Mais, j’ai perçu le dénouement trop tôt à mon goût et j’ai espéré jusque dans les dernières pages un rebondissement qui n’est pas venu, me laissant tout de même légèrement sur ma faim.

Je remercie NetGalley et les Editions Fleuve Noir pour cette découverte d’une autrice que je lirai de nouveau avec plaisir.