La dernière balade de Jean Townsend – Frédéric Vermorel – Sonatine, Août 2021.

Ce livre n’est pas un roman policier mais un travail de synthèse sur l’assassinat d’une jeune anglaise dans les années 50. Fred Vermorel est un biographe anglais qui a entre autre écrit sur les Sex Pistols, Vivienne Westwood et Kate Moss. Adolescent à l’époque du meurtre de Jean Townsend, il se passionne sa vie durant pour ce fait divers et livre soixante sept ans plus tard un compte-rendu scrupuleusement détaillé de l’affaire, dans lequel il rassemble témoignages, documents d’archives, hypothèses et pistes suivies pour élucider ce crime.

En 1954, Jean Townsend, une jeune styliste anglaise de 21 ans, vivant à Ruislip dans le comté du Middlesex, est retrouvée étranglée avec son propre foulard sur un terrain vague. Les circonstances du meurtre restent obscures et la police ne parvient pas à identifier son agresseur. Diverses pistes ont pourtant été suivies: les soupçons se portent dans un premier temps sur des militaires américains basés dans une station aérienne voisine, puis sur un éventuel tueur en série ayant déjà sévi en Allemagne… Mais ces pistes sont écartées. Le lien est également établi avec les milieux de la nuit londonienne que fréquentait la jeune styliste. On pouvait y croiser à cette époque des personnalités du grand banditisme mais également du show-biz et de la politique, telles que l’actrice Joan Collins, Sarah Churchill ou encore le prince Philip. Dans ces clubs, la débauche sexuelle, la drogue et l’alcool forment un univers impitoyable pour des jeunes filles naïves. Jean Townsend en a t-elle été la victime, ou a t-elle été témoin de quelque chose qu’elle ne devait pas voir ?

Le cas peut se rapprocher de celui du Dahlia Noir où de nombreux suspects potentiels pouvaient être les auteurs d’un crime non résolu survenu dans un milieu huppé… On peut aussi évoquer à une toute autre époque Jack l’Eventreur, resté non identifié mais pour lequel on soupçonne également des liens avec la famille royale… Outre le fait « d’égratigner le gratin » en rappelant chacune des pistes possibles pour résoudre ce meurtre, témoignages, documents et photographies à l’appui, ce livre établit le portrait d’une époque, d’un milieu particulier en disséquant des mœurs et mentalités parfois surprenantes. C’est ce que je retiendrai de ce livre et ce qui m’a d’ailleurs permis d’aller jusqu’au bout, plutôt que l’enquête proprement dite sur le meurtre de Jean Townsend, car l’auteur a une grande propension à la digression et l’on peut facilement se perdre au milieu des nombreuses personnes évoquées.

A lire si l’on se passionne pour les grandes affaires criminelles ou si l’on s’intéresse de près aux années 50! Je remercie les éditions Sonatine via NetGalley pour cette lecture.