La route – Cormac McCarthy – Points – Mai 2009.

Roman post-apocalyptique, récompensé par le Prix Pulitzer en 2007, ce film a été adapté au cinéma par John Hillcoat en 2009 avec Viggo Mortensen. La Terre est entrée dans une nouvelle ère, après avoir été dévastée par un cataclysme. On ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé, mais le monde est dévasté, le paysage est devenu cendres, le soleil est devenu ombre, la faune et la flore sont anéantis. La race humaine s’est quasiment éteinte, ne subsistent que quelques survivants dont certains se cachent et d’autres retournés à la barbarie pratiquent le cannibalisme.

Dans ce décor apocalyptique, ni daté, ni précisément localisé, un père et son fils errent le long d’une route, en direction du Sud, trainant dans un chariot de supermarché ce qu’il reste de leur vie passée : divers objets, quelques vêtements et couvertures. Nommés « l’homme » et « le petit », les deux protagonistes n’ont d’autre but que de survivre en suivant cette route, devenue leur seul repère. Le style du récit est si épuré qu’il ne reste que l’essentiel, mais l’ensemble est d’une puissance d’évocation hors-norme : la relation entre le père et le fils, dans cette situation désespérée est profondément bouleversante. Ils sont liés par une obligation de survie, chacun veille l’un sur l’autre dans des circonstances extrêmes, qui ne sont plus dignes de l’être humain. Face au danger permanent -faim, froid, hordes de cannibales- sont transcendés les sentiments et les valeurs de ces deux êtres et l’amour inconditionnel qui les unie.

Ce roman est d’une beauté rare et épurée. Une odyssée du désespoir, une quête impossible d’un paradis à jamais perdu. J’étais suspendue à ces lignes comme si ma propre vie dépendait du destin de ces deux êtres. S’il faut au départ s’habituer au style faussement froid de ce livre, et accepter le fait de ne pas en savoir plus sur les circonstances de ce désastre planétaire, La route est un roman qui ne se lâche pas, qui prend aux tripes, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti durant ma lecture! Ces pages sont porteuses d’émotions brutes. Après l’émotion vient la réflexion sur la nature et la condition humaine et sur les valeurs transmises par filiation. La fin bouleversante est porteuse d’espoir, peut-être.

D’autres références littéraires s’imposent autour du thème du monde post-apocalyptique : Je suis une légende de Richard Matheson (1954) et le Fléau de Stephen King (1978) me sont venus à l’esprit au cours de ma lecture, de même que le magnifique Et toujours les forêts de Sandrine Collette (2020). Si ce thème vous intéresse je vous conseille de lire ces romans et bien sûr La Route de Cormac McCarthy, pour lequel j’ai un grand coup de cœur.