Dieu est un voleur qui marche dans la nuit – Quentin Bruet-Ferréol – Editions Bouquins – 06 Janvier 2022.

A la fois roman noir et documentaire, ce roman revient sur le suicide collectif en 1997 de trente-neuf membres de la secte du Heaven’s Gate, en Californie. Un fait divers sidérant qui a considérablement marqué l’opinion publique. Après avoir découvert qu’à notre époque le site internet de la secte existait encore, tenu à jour par deux membres rescapés du groupe, l’auteur, spécialiste de l’étrange, décida d’écrire un roman mêlant témoignages et fiction sur le sujet.

Tout commence en mars 1997, lorsque deux appels anonymes préviennent les forces de l’ordre de San Diego d’un suicide collectif au sein d’une secte. Lorsque les policiers arrivent à la Colina Norte, un paradis de villas luxueuses, l’une d’elle semble s’être transformée en enfer : trente-neuf corps sont retrouvés, vêtus à l’identique d’une tenue noire, un linceul violet leur couvrant le visage… Meurtre de masse ou suicide collectif ?

La première partie du roman m’a beaucoup intéressée : la découverte des corps, les réactions des uns et des autres sur ce massacre, le point de vue des voisins, des parents de victimes potentielles, les échos de la presse… En même temps que se met en place un début d’enquête. Un bon roman noir en sachant que tout cela est vrai fait froid dans le dos. Puis le récit bascule vingt ans plus tôt pour suivre le parcours de Barthélémy, un jeune hippie paumé, qui va croiser la route d’un prétendu prophète, envoyé de Dieu. Cet homme charismatique recrute au cours d’une croisade à travers les Etats-Unis des volontaires pour un voyage extraordinaire. Il leur promet « une métamorphose dans le but de dépasser l’humanité ».

A l’époque, cette secte d’un genre nouveau recrute ses adeptes par Internet, voie devenue sacrée pour les abus en tous genres, mais la prospection initiale des adeptes se fait encore par des conférences données par un gourou, qui se donne des airs respectables de prédicateur. Par les textes inspirés de la théologie chrétienne, il est parvenu à toucher certaines personnes fragilisées. Le mécanisme est certes effrayant, mais reste pour moi incompréhensible. J’en viens au fait que j’ai commencé à perdre le fil du récit à mi-parcours, j’en suis désolée, surtout que lorsque l’on me l’a proposé au cours d’une masse critique Babelio, le sujet m’a intéressée. Je me suis dis que j’allais comprendre ce phénomène et assister à l’enquête en elle-même qui a permis de faire la lumière sur ce suicide collectif. Mais je n’ai compris les motivations ni des uns ni des autres, je ne me suis en rien attachée au personnage de Barthélémy et aux autres adeptes évoqués. Je ne vois pas en quoi ces adeptes pourraient nous ressembler « bien plus qu’on ne peut l’imaginer » (4ème de couverture). Je ne suis certainement pas le meilleur public pour ce genre de roman et le sujet restera opaque en ce qui me concerne, mais je pense qu’il pourrait intéresser et passionner d’autres lecteurs plus ouverts d’esprit que je ne le suis.

Je remercie les Editions Bouquins et Babelio pour l’envoi de ce roman.