Naufrage en enfer – Guillaume Nicolleau – Edilivre – Février 2022.

Rachel Simons, une célèbre journaliste et son jeune caméraman Jake Donovan couvrent un reportage sur un ouragan qui dévaste Haïti. Leur vol de retour se passe mal et ils doivent atterrir de force à Cuba. Décidés à rejoindre Miami au plus vite, ils embarquent à bord d’un bateau de pêche qui va faire naufrage sur une île déserte des Bahamas. Déserte… et pourtant une construction récente est érigée sur cette île, dans laquelle ils découvrent de quoi survivre quelques temps. Rachel et Jake s’y réfugient jusqu’à ce qu’un bateau accoste. Alors qu’ils s’attendent à du secours, le couple voit débarquer des hommes appartenant à un dangereux cartel qui organise sur l’île des parties de chasse très spéciales… Ils vont devoir faire preuve de sang-froid, de ruse et de force pour survivre face à l’ennemi.

Ne pas se fier à la couverture idyllique de ce roman mais plutôt à son titre éloquent : un naufrage sur une île pas si déserte que cela et qui va vite devenir un enfer. C’est ce que vont vivre les deux protagonistes : Rachel, une femme charismatique, manipulatrice et sans égard pour autrui, bref détestable. A l’opposé de Jake, jeune homme ambitieux, raisonnable et intelligent, altruiste également, qualité qui lui offre dès le départ la sympathie du lecteur. Ces deux personnages sont dans un premier temps obligés de survivre face à une nature plutôt hostile : le naufrage de leur bateau et leur arrivée sur l’île nécessitent de bonnes facultés d’adaptation, que Rachel doit surtout à Jake. Dans un second temps, ils vont devoir affronter cette horde de « chasseurs » et leur proies. Quitte à devenir eux aussi des chasseurs… Jusqu’où leur faudra t-il aller pour survivre ?

Je n’ai eu aucun mal à suivre ce récit, à en imaginer les scènes comme si j’étais devant un film d’action, l’intrigue fait preuve de nombreux rebondissements, jusqu’à une fin inattendue et surprenante. La tournure du récit réserve sont lot de violences, physiques et psychologiques et le suspense est bien présent du début à la fin. Le style est donc très visuel en dépit de quelques lourdeurs et répétitions qui auraient pu être évitées mais le roman reste distrayant et bien mené.

Le sujet, bien que déjà rencontré dans de précédentes lectures, est traité de façon efficace : l’idée que quelques hommes dangereux et armés puissent s’octroyer les moyens de satisfaire des plaisirs interdits et sordides, n’est finalement pas si irréaliste que cela, mais bien inquiétante. Je remercie Guillaume Nicolleau de m’avoir contactée pour me proposer la lecture de son second roman.