La fille du train – Paula Hawkins – Sonatine – Mai 2015.

Rachel vit dans la banlieue de Londres et se rend chaque jour en train dans la capitale. Assise à la même place, elle observe ce qu’il se passe dans une maison qu’elle trouve jolie et dont le couple qui l’habite la fascine. Elle les imagine heureux et envie leur bonheur, alors qu’elle accumule les problèmes: divorcée, alcoolique et sans emploi, elle est hébergée gracieusement chez une amie qui n’est pas au courant de la totalité de ses problèmes. Fantasmant sur la vie parfaite de ce couple d’inconnus, elle les a baptisés Jason et Jess, mais un matin elle découvre un autre homme que Jason auprès de Jess, et la soupçonne de tromper son mari. Quelques jours plus tard, Rachel découvre dans la presse que la jeune femme dont le vrai nom est Megan Hipwell a mystérieusement disparu.

La fille du train est un thriller psychologique au succès retentissant, qui a été adapté au cinéma en 2016, avec Emily Blunt dans le rôle de Rachel Watson, une jeune femme alcoolique et mal dans sa peau qui s’intéresse d’un peu trop près à la vie d’un couple d’inconnus. Quelques années plus tôt, Rachel vivait non loin de ce couple, dans la même rue avec l’homme qu’elle aimait. Ce couple était en quelque sorte un miroir de celui qu’elle formait avec son ex-mari Tom avant que celui-ci, lassé de son alcoolisme, ne lui préfère Anna avec qui il a maintenant une petite fille… Rachel la jalouse énormément, d’autant plus qu’elle ne peut pas avoir d’enfants. Elle accumule les échecs (elle vient de perdre son emploi), et développe des idées obsessionnelles quant au couple que forme son ex-mari et sa nouvelle épouse. Leur image représente ce qu’elle a perdu et ce qu’elle n’aura jamais. Certains de ses comportements, harcèlement téléphonique et intrusion à leur domicile notamment, lui attirent des ennuis. Lorsqu’elle témoigne au sujet de la disparition de la jeune femme qu’elle a pris l’habitude d’épier, sa déposition n’est pas jugée très fiable, elle décide alors de mener l’enquête par elle-même pour tenter de retrouver Megan.

Ce roman est caractérisé par sa construction atypique, proposant des chapitres qui alternent entre trois personnages féminins, autour desquels tourne l’intrigue : Rachel, Anna et Megan. Progressivement, on remonte dans le temps pour comprendre ce qui a pu se passer dans la vie de ces trois femmes. Un huis clos pesant qui soulève les thèmes de la violence conjugale et de l’alcoolisme au féminin. A regret, j’ai mis un peu trop de temps à lire ce roman, perdant ainsi le sens du rythme que j’ai finalement trouvé assez long et répétitif, je ne pense pas avoir pu apprécier le suspense à sa juste valeur, toutefois les thèmes soulevés sont traités de façon intéressante et soutenue. Je serai curieuse de découvrir l’adaptation cinématographique, certainement éprouvante au vue du dénouement de l’intrigue.