47, allée du Lac – Peter James – Fleuve Editions – 15 Septembre 2022.

Et voici l’avis qui fâche… Difficile de donner son opinion lorsque celle-ci est négative. J’ai lu deux livres de Peter James dont La maison des oubliés, un roman fantastique à l’ambiance angoissante que j’ai beaucoup apprécié. Connaissant l’engouement de l’auteur pour les histoires de maisons hantées, je m’attendais avec 47, allée du Lac à un récit de la même verve, je me disais « voilà un livre qui m’a me faire frissonner au coeur de l’été ». Râté.

Le Parc de Cold Hill est un lotissement de maisons modernes dont certaines sont encore en construction. Jason Danes, un artiste-peintre à la renommée grandissante et son épouse sont les heureux propriétaires du plus majestueux pavillon de la résidence. Leur villa, construite à l’emplacement d’un ancien manoir complétement détruit par un incendie, en impose par son standing et sa vue imprenable sur le lac. Peu de temps après leur emménagement, ils font la connaissance de leurs voisins, Maurice et Claudette Penze-Weedell, des retraités qui s’avérent plutôt du genre envahissants. Dès les premiers jours, les deux couples sont les témoins d’étranges phénoménes. Le bruit coure dans le village que le drame qui s’est joué à Cold Hill en 1940 aurait toujours des conséquences aujourd’hui…

Il ne faut pas faire de mon avis une généralité, ce roman pourra plaire à d’autres lecteurs qui le percevront peut-être différemment. Toutefois, je m’attendais à bien mieux et ma déception est grande. Je n’ai pas un seul instant frémi durant ce récit, bien au contraire je m’y suis profondément ennuyée. En cause je pense le manque de suspense ou un suspense auquel je n’ai pas été réceptive. Si l’auteur aime évoquer les distorsions temporelles et parvient à caser l’idée que l’espace-temps n’est pas une réalité linéaire, j’ai trouvé son récit au contraire bien trop linaire à mon goût. L’endroit est hanté, on l’apprend sans surprise dès le début du roman, viennent ensuite quelques brèves apparitions d’ombres, de visages deci-delà, quelques échos de drames qui ont jalonné le passé du lieu, et l’on apprend très rapidement qu’une étrange malédiction pèse sur les habitants de la nouvelle résidence. Jason Danes entreprend mollement une visite aux archives, une autre au cimetière local pour en apprendre plus sur les précédents habitants de Cold Hill. Tout cela est ennuyeux, survolé comme la trame d’une série B. J’ai également trouvé les personnages ultra-stéréotypés, je ne me suis pas du tout attachée à eux: le jeune couple est aussi détestable que leurs voisins et les dialogues sont insipides. L’auteur a t-il cherché à alourdir l’atmosphère en réunissant les protagonistes autour d’un bol de cacahuètes, discutant champagne ou prosecco, le temps semblant s’étirer au fil des pages sans grand intérêt ? Je me demande si l’auteur n’a pas souhaité écrire une parodie de roman fantastique, certaines situations prêtant à sourire plutôt qu’à frémir. Dans ce cas peut-être est-ce tout de même réussi ? Mais ce n’est pas du tout ce que j’espérais. Dommage. J’ai poursuivi ma lecture jusqu’au bout en me disant que j’allais être surprise à un moment donné, emmenée là où je ne m’y attendais pas et finir par me dire, mea culpa, quel sacré bon roman. Non, j’ai vainement attendu et rien n’est venu.

Je remercie toutefois chaleureuement Net Galley et les Edtions Fleuve Noir pour cette lecture.