Le cas Van Noorden – Raphaël Passerin – Les Editions du Val – 31 Mai 2021.

213 pages – 12 € (également disponible en e-book)
ISBN : 978-2-9578102-0-8

La présentation de l’éditeur : THRILLER EN HUIS CLOS, une énigme en chambre close, des suspects à la pelle, un coupable trop évident. Sadegh devra-t-il enquêter dans trois pièces, à trois kilomètres ou sur trois continents ? Découvrez ce roman à énigme oscillant gaiement entre thriller paranoïaque, vaudeville et whodunit à Paris.

Après sept ans de séparation, quatre amis de fac se donnent rendez-vous chez l’un d’eux, à Paris. Alors que l’ambiance devrait être à la fête, rancunes et passé trouble s’invitent aux retrouvailles… Audric, le propriétaire de l’appartement, est un enseignant déprimé sous traitement médical, Tony le syndicaliste est aussi discret qu’il est imbibé d’alcool, et Victor le romancier imbu de lui-même est accompagné de Léa sa nouvelle conquête, journaliste au Monde. Carl, venu de Montréal, manque à l’appel car il prépare un colloque prévu le lendemain, mais il a promis d’arriver pour le dessert… Lorsque son corps est découvert dans une pièce de l’appartement, l’incompréhension cède la place aux suspicions qui se tournent vers Audric, le propriétaire des lieux. Avant tout recours à la police, celui-ci souhaite être innocenté et pour ce faire sollicite l’aide de l’inattendu Sadegh Hossein Yavari, qui n’est autre que son livreur de sushis préféré, mais aussi lecteur de polars et étudiant en droit pénal qui a raté l’examen du barreau deux fois.

Ce livre est exactement le genre de pépite que l’on pourrait chercher pendant des heures : ne cherchez plus, la voici!

Le style est énergique, l’intrigue menée de façon originale mais la réussite de ce roman tient surtout aux protagonistes de l’histoire : on sent l’auteur véritablement habité par ses personnages. Ceux-ci sont très travaillés, quelque peu déjantés, vivent des situations incongrues, formulent des répliques cocasses: une enquête diligentée par un livreur de sushis, c’est hors-norme ! Exceptée la seconde partie du récit qui se déroule en extérieur, nous avons presque l’impression d’assister à une pièce de théâtre drôle et passionnante, mais ne vous y trompez pas, il s’agit bel et bien d’un polar qui ouvre sur une belle scène de crime et se termine par un dénouement aux explications circonstanciées. La fin m’a semblé un peu trop abrupte, mais correspond pourtant bien à la dynamique du récit.

« On attend Carl, on attend Victor – qui attend lui-même l’inspiration – voilà maintenant on attend le livreur!« , il y a comme un petit air de Samuel Beckett dans cette réplique, j’ai songé à sa pièce En attendant Godot car outre le fait que Carl prépare un colloque sur le thème du « Grand Voyage », sujet qui restera volontairement abstrait, Sadegh, le livreur iranien, est attendu par Audric comme le Messie… L’action reprend le dessus sur le côté théâtre car Sadegh va résoudre cette énigme avec brio! J’ai beaucoup aimé ce personnage, ses réparties, sa verve et son enthousiasme : convaincu par le bien fondé de sa mission, il fonce tête baissée dans sa quête quitte à perdre son job, et devient le héros de l’histoire.

J’aimerais beaucoup voir cette pièce , ce livre adapté au cinéma ou à la télévision. Une réussite qui sort des sentiers battus : ce roman n’a rien à voir avec ce que j’ai l’habitude de lire, et si vous aimez être surpris(e), je ne peux que vous le conseiller !

Je remercie Bérénice Paget des Editions du Val pour cette découverte !

Un mot sur l’auteur : Raphaël Passerin naît à Talence en 1978 puis grandit dans l’ouest parisien. Épris de culture britannique, il étudie l’anglais et le FLE à la Sorbonne, vit une année à Londres, une autre dans l’arrière-pays gallois. Au début des années 2000 il fonde

Lovely Rita, groupe hommage aux Beatles avec lequel il écume les salles jusqu’à plus soif. Après quelque cent cinquante concerts, il se tourne naturellement vers la composition : le single Six O’Clock restera le titre marquant du groupe. Un revers de fortune le mène jusqu’au Temple de l’Oratoire, place forte du protestantisme libéral. Trois années durant, il délaisse toute littérature pour se consacrer exclusivement à l’étude de la Bible. Envisageant un temps la carrière pastorale, il suit les cours de l’Institut Protestant de Théologie et multiplie les retraites. L’exégèse des Écritures affermit son goût pour l’écriture. C’est à Lourdes qu’il entreprend la rédaction de Prince de Galles, premier roman publié en 2018 aux éditions Valeurs d’Avenir et sélectionné par le jury La Montagne. En juin 2021 paraît son second livre, Le Cas Van Noorden, aux éditions du Val.